mercredi 26 mars 2008 • 20:30
Sezione Aurea / Le Nombre d'Or (Italie)
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Distribution : Chiara Banchini, violon ; Michele Barchi, clavecin ; Gaetano Nasillo, violoncelle
Programme :
Antonio Vivaldi ( 1678-1741 ), Sonata in do minore
Arcangelo Corelli (1653-1713), Sonate V op.5
Felice Giardini (1716-1796), Duo in Re maggiore, per violino e violoncello
Ferdinando Gasparo Turrini (1745 – 1829), Sonata III in mi maggiore a cembalo solo
Giovanni Battista Costanzi (1704-1778), Sonata in sol minore
Pietro Antonio Locatelli (1695-1764), Sonata in La maggiore, op. VIII n. 10
Note :
Nous débutons le festival par hommage à la reine du violon baroque, Chiara Banchini, accompagnée par ses fidèles complices, un violoncelliste au son de velours et un claveciniste à l’imagination infinie. Ils seront tous dans leur élément: la musique italienne.
L’Italie du XVIIe siècle, avide de nouveauté (de "nuova mùsica" comme de "stil moderno") a rapidement adopté les instruments symboles de cette dernière : le violon et le violoncelle. Ils prirent la place des violes, instruments de consort, donc dédiés à la polyphonie. Leur avènement est donc à la fois contemporain de l’émancipation de la musique purement instrumentale, et du nouveau style vocal monodique.
A la fin du siècle, les oeuvres du romain Arcangelo Corelli, particulièrement son opus 5, consacré aux sonates pour violon seul avec basse continue, marquent l’aboutissement de ces recherches. Néanmoins elles marquent un nouveau départ vers d’autres expériences dans lesquelles s’illustrèrent de nombreux compositeurs, connus ou oubliés. Ce programme invite à plusieurs redécouvertes en prenant comme "fil d’Ariane", le Nombre d’Or. Ce rapport mathématique a en effet influencé pratiquement tous les artistes. Dans les œuvres présentées, on le retrouve aussi bien dans la construction que dans les schémas harmoniques et mélodiques, ou même dans le nombre de mesures. Il accompagne de fait l’évolution du langage instrumental, du style noble et architectural de Corelli, au préclassicisme de Constanzi ou Gardini, en passant par l’imagination et les "bizarreries" du vénitien Vivaldi.
jeudi 27 mars 2008 • 20:30
De Salzbourg à Köthen (Autriche et Allemagne)
MARSEILLE - Temple Grignan
Distribution : Hélène Schmitt, violon ; Laurent Stewart, clavecin
Programme :
Heinrich Ignaz Franz Biber (von) (1644-1704), Ciaccona en ré majeur pour violon et basse continue
Georg Muffat (1653-1704), Sonata en ré majeur pour violon et basse continue
Johann Sebastian Bach (1685-1750), Toccata de la 6e Partita pour clavecin BWV 830
Johann Jakob Walther (1650-1717), Passacaglia en ré mineur pour violon et basse
Heinrich Ignaz Franz Biber (von) (1644-1704), Sonata quinta pour violon et basse en mi mineur Salzburg 1681
Heinrich Ignaz Franz Biber (von) (1644-1704), Passacaglia a violino solo en sol mineur, dite l’Ange Gardien
Johann Sebastian Bach (1685-1750), Sonate en sol majeur pour violon et clavecin obligé BWV 1019
Note :
La musique instrumentale autrichienne et allemande du XVII° siècle reste largement influencée par le modèle italien. Les compositeurs reprennent les formes, les titres, les dispositions instrumentales des musiciens de la péninsule, en y introduisant toutefois un esprit et un langage qui vont petit à petit se singulariser.
Ce programme nous mène du Salzbourg de la fin du XVII° siècle, où Biber déploie toute sa fantaisie illustrative et ses expérimentations violonistiques, au Köthen du début du XVIII°. Férue de musique instrumentale, cette cité vit Bach y composer ses plus importantes pages de musique de chambre, particulièrement les six grandes sonates pour violon et clavecin obligée, formation qui connaîtra par la suite la plus grande faveur. On y constate l’approfondissement du style musical propre aux pays germaniques, style qui atteint il est vrai avec Johann Sebastian Bach, des sommets indépassables.
La sensuelle Hélène Schmitt nous entraîne à nouveau dans un somptueux voyage, en compagnie de l’un des meilleurs clavecinistes français. Gageons que la poésie qu’ils savent dégager des musiques les plus sérieuses emportera à nouveau l’adhésion enthousiaste du public marseillais.
vendredi 28 mars 2008 • 19:00
Conférence - Vous avez dit da braccio ou da gamba ?
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Par Pierre Jacquier, luthier
Note :
En introduction au concert de 20h30, nous vous proposons une conférence de Pierre Jaquier, l’un des meilleurs luthiers actuels de viole de gambe, qui nous dira tout des différences et des évolutions de la famille des violes da gamba et de celle du violon da braccio. Avec la complicité des musiciens, le moment d’avoir enfin des réponses � tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les cordes anciennes sans jamais oser le demander…
vendredi 28 mars 2008 • 20:30
The Passion of Musicke (Angleterre)
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Distribution : Odile Edouard, violon ; Freddy Eichelberger, orgue ; Sylvie Moquet, viole de gambe
Programme :
John Jenkins (1592-1678), Sonata in d (Durham manus.)
William Lawes (1602-1645), Sonata for violin, viola & organ in D
Thomas Baltzar (ca.1630-1663), Prelude for violin
Christopher Simpson (ca.1605-1669), Mr Simpson's little consort (Oxford manus.)
Henry Purcell (1659-1695), Sonate en trio en sol
Tobias Hume (ca.1569-1645), Life
John Jenkins (1592-1678), Sonata for violin, viola & organ
William Lawes (1602-1645), Sonata for violin, viola & organ in D
John Jenkins (1592-1678), The six Bells (Oxford manus.)
Note :
La musique en Angleterre, sous le règne de Charles Ier, connut un essor incroyable non seulement à cause du goût musical de ce souverain, mais aussi grâce à l’extraordinaire engouement de la classe bourgeoise pour la pratique vocale et instrumentale. Cela explique en partie les expériences uniques de grands compositeurs de l’époque, non contraints par le côté "officiel" que l’on demandait généralement à leurs compositions. On peut ainsi dire que les œuvres de William Lawes ou John Jenkins dépassent en audace harmonique ou en recherche instrumentale (particulièrement dans la pratique de la lyra-viol, viole adoptant toute une variété d’accords différents de l’accord traditionnel) leurs contemporains italiens, plus soucieux de respecter certains canons de beauté.
Ce programme fait donc redécouvrir un répertoire qui, en se concentrant sur un petit effectif de solistes, est un domaine de prédilection de ces expériences. La musique européenne ne retrouvera peut-être jamais une telle richesse spéculative qui rende ce répertoire fascinant.
Il est pourtant encore très peu connu en France: il s'agit donc d'une occasion unique de le découvrir, servi par trois superbes artistes qui lui ont consacré depuis longtemps tout leur talent.
samedi 29 mars 2008 • 20:30
L'Ange et le Diable (Age d'Or et déclin de la viole)
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Distribution : Christine Lecoin, clavecin ; Paolo Pandolfo, viole de gambe
Programme :
Marin Marais (1656-1728), Prélude
Marin Marais (1656-1728), Le Labyrinthe
Antoine Forqueray (1671-1745), 5ème suite de pièces de viole
Note :
Malgré les prises de position d’Hubert Le Blanc, et sa "défense de la basse de viole contre l'entreprise des violons et les prétentions du violoncelle" en 1740, la viole de gambe disparut progressivement au cours du XVIIIe siècle en France. Elle brilla toutefois du plus grand éclat au début du siècle grâce à deux musiciens incomparables, Marin Marais puis Antoine Forqueray. Le même Le Blanc nous confie d’ailleurs que "Marais jouait comme un ange, et Forqueray comme un diable".
L' "ange" suscita en effet l’admiration des amateurs de musique qui comprirent, comme le note Titon du Tillet dans le Parnasse français en 1732, qu'il avait "porté la viole à son plus haut degré de perfection". En revanche, le "diable" est plutôt perçu par ses contemporains comme un musicien quinteux, fantasque et bizarre pris entre un orgueil luciférien et une virtuosité diabolique... Le Mercure de France de 1738 lui reprochait d'avoir d'ailleurs écrit des pièces "si difficiles qu’il n’y a que lui et son fils qui puissent les exécuter avec grâce". Et pourtant danse, poésie et théâtre résonnent dans la musique de chacun, reflétant la grandeur du siècle, mais aussi la face cachée de l'humain dans sa fragilité et sa souffrance.
Autant dire qu’il faut tout le talent de l’un des plus grands violistes actuels, au son magique et à la virtuosité époustouflante, pour défendre ces œuvres exigeantes. Accompagné par une belle claveciniste que les Marseillais connaissent bien, il nous invite à une envoûtante soirée, qui, il y a trois siècles, était le privilège du Roy.
dimanche 30 mars 2008 • 17:00
Conférence - Lorsque la musique pour violon devient française...
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Par Catherine Cessac, musicologue, chercheur au C.N.R.S, directrice scientifique du Centre de Musique Baroque de Versailles.
Note :
Le concert de ce jour sera précédé par une conférence d'une grande "prêtresse" de la musique baroque française (ses publications chez Fayard sont devenues des références), qui nous dévoilera tout des intrigues que le violon ourdit pour s'imposer en France.
dimanche 30 mars 2008 • 18:00
Musique à la Cour (France)
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Distribution : Baldomero Barciela, viole de gambe ; Amandine Beyer, violon ; Anna Fontana, clavecin
Programme :
Marin Marais (1656-1728), Sonate à la Marésienne
Jean-Ferry Rebel (1666-1747), Sixième sonate (Sonates à violon seul - Paris, 1713)
Jacques Morel (ca.1700-1740), Chaconne en trio
Jean-Marie Leclair (1697-1764), Deuxième sonate (Quatrième livre de Sonates - Paris, 1743)
Jacques Duphly (1715-1789), La Felix
Jacques Duphly (1715-1789), Chaconne
François Couperin (1668-1733), Sixième concert des Goûts Réunis
Note :
En France, si la viole de gambe lance ses derniers feux avec deux immenses musiciens (Marais et Forqueray), c’est aussi grâce à deux virtuoses, Jean Baptiste Ferry Rebel et Jean-Marie Leclair, que le violon supplante définitivement le dessus de viole, désormais réservé aux musiciens amateurs. Tous deux étonnent leur époque par leur jeu : à l’age de huit ans, le jeune Rebel émerveille Lully et le Roy lui-même par sa virtuosité, alors qu’un contemporain écrit que "Le Clair (sic) est le premier qui sans imiter rien, Créa du beau, du neuf, qu’il peut dire sien".
Ils renouvellent donc le style français, désormais résolument tourné vers les nouveautés italiennes. Le destin de la musique instrumentale dans le royaume change ainsi : s’ouvrant progressivement vers l’avenir, elle devient un des fers de lance de la nouveauté en Europe.
« Majestueuse, arachnéenne, hypnotique…». La presse ne tarit pas d’éloge sur la jeune aixoise Amandine Beyer, devenue l’une des « Grandes » de la musique baroque. Avec ses amis, le « beau » et le « neuf » seront sûrement au rendez-vous.
mardi 01 avril 2008 • 19:00
Conférence - Les instruments de l’Age d’Or de la musique sacrée vénitienne
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
par Denis Morrier, musicologue, professeur d'analyse et de culture musicale au CNSM de Paris
Note :
Une passionnante conférence sur l'apparition des instruments dans la musique liturgique en Italie, plus particulièrement à Venise, par un des plus grands spécialistes de la question.
mardi 01 avril 2008 • 20:30
Vespro a voce sola con violini (Venise)
MARSEILLE - Chapelle Ste Catherine (S. Laurent)
Distribution : Maria-Cristina Kiehr, soprano - Ensemble "Concerto Soave", direction Jean-Marc Aymes
Programme :
Orazio Tarditi (1602-1677), Domine ad adiuvandum
Orazio Tarditi (1602-1677), Dixit Dominus
Claudio Monteverdi (1567-1643), Confitebor alla francese
Tarquinio Merula (ca.1595-1665), Beatus vir
Orazio Tarditi (1602-1677), Laudate Pueri
Carlo Milanuzzi (?-1647), Magnificat
Note :
Dès le début du Seicento, l’association d’une ou plusieurs voix solistes avec des instruments va progressivement devenir un modèle dans la musique sacrée italienne, particulièrement à Venise. L’instrument est utilisé comme prolongement du pouvoir expressif de la voix, illustrant le mystère du texte sacré, dans la plus pure tradition instauré par la Contre Réforme.
Puisant dans l’immense répertoire des œuvres publiées à Venise dans la première moitié du XVII° siècle, Concerto Soave a reconstitué un office de vêpres représentatif des brillantes manifestations de la Cité des Doges. La formation d’une voix avec deux instruments concertants s’avère relativement humble par rapport aux forces déployées à Saint Marc, surtout les jours de fête. Il n’en reste pas moins que les grands compositeurs vénitiens ont su faire de l’office vespéral un des grands moments de la vie musicale de la plus illustre des Cités. Ils y utilisent toutes les ressources émotionnelles de la Nuova Mùsica et du style concertant pour renforcer le pouvoir du texte sacré.
Le festival se terminera donc par une re-création mondiale, avec la voix incomparable de Marìa Cristina Kiehr et un ensemble qui s’est imposé comme une référence dans la musique italienne du XVIIe siècle.









